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32ème Forum des Chefs d'Etat et de Gouvernement du Mécanisme Africain d’évaluation par les Pairs (MAEP): Intervention de SEM Mohamed Bazoum suite à la présentation du rapport de l'évaluation pays du Niger

février 09, 2023 0 421

 

  

 

Excellence Monsieur Julius Maada Bio, Président de la République de Sierra Leone, Président en exercice du Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs ;

Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’État, et de Gouvernement  du MAEP ;

Monsieur Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union africaine;

Mesdames et Messieurs les Ministres Points Focaux ;

Mesdames et Messieurs les Membres du Panel d’Éminentes Personnalités du MAEP;

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales partenaires ;

Distingués Invités;

Mesdames et Messieurs, en vos rangs, grades et qualités

 

Je me réjouis de réagir pour donner une suite à l’intervention de M. Cherif Rahmani, responsable de l’évaluation pays du Niger. En effet, celui-ci vient de nous présenter l’économie du  premier Rapport d’Evaluation de la Gouvernance de mon pays, produit par le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP).

 

Excellence Monsieur le Président du Forum du Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs ;

Excellences, Mesdames et Messieurs  

Je commencerais par rendre hommage au Président Issoufou Mahamadou qui a fait adhérer le Niger au MAEP en juillet 2012, marquant ainsi l’acceptation par notre pays des principes et valeurs de solidarité et de partage qui sous-tendent ce dispositif conçu par les africains, pour les africains.

C’est également le lieu de féliciter les cadres nigériens des Instituts Techniques de Recherche, ceux du Secrétariat National Permanent et les membres de la Commission Nationale de Gouvernance du MAEP, mais aussi tous les experts  africains, ainsi que les partenaires techniques et financiers qui ont contribué à la production du rapport dont je commenterai sous peu les conclusions et les recommandations.

 

 

Excellence Monsieur le Président du Forum du Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs ;

Excellences, Mesdames et Messieurs  

Mon intervention s’articule autour des quatre (4) thématiques prévues par les documents de base du MAEP que sont : la démocratie et la gouvernance politique, la gouvernance économique, la gestion et la gouvernance des entreprises et enfin le développement socio-économique à large assise. Elle se terminera par certaines questions transversales essentielles pour mon pays.

AU TITRE DE LA DEMOCRATIE ET DE LA GOUVERNANCE POLITIQUE,

Conformément aux orientations du préambule de sa loi fondamentale, proclamant l’attachement du peuple nigérien aux principes de la démocratie pluraliste et du respect des droits humains, la République du Niger a ratifié les conventions internationales les plus pertinentes.

En effet, demeurant dans le sillage du consensus issu de la Conférence nationale souveraine tenue en juillet 1991, la Constitution du 25 novembre 2010 réaffirme son attachement au multipartisme intégral et au mode démocratique de dévolution du pouvoir.  C’est cela qui est à la base de la vitalité des partis politiques et de leur pleine participation aux compétions électorales. 

Notre pays vient de connaitre en avril 2021, pour la première fois, la mise en œuvre du principe constitutionnel de la limitation de mandats présidentiels qui lui a permis de réaliser sa première alternance par une transmission pacifique du pouvoir d’Etat entre deux Présidents successivement élus.

En vue de la consolidation de sa jeune démocratie et de l’amélioration de la gouvernance politique, l’Etat a mis en place plusieurs Institutions et mécanismes, tout en intégrant dans son patrimoine juridique les instruments internationaux les plus pertinents. Il s’agit, entre autres, de :

·        la ratification des instruments internationaux les plus pertinents en matière de protection des droits catégoriels et l’internalisation de certaines conventions en matière de droits de l’Homme à travers leur incorporation dans des textes législatifs spécifiques ;

·        l’adoption de la politique nationale de modernisation de l’Etat et du projet de développement territorial des zones excentrées et enclavées, en l’occurrence les zones nomades, afin de garantir une prestation de service public efficace et efficient au double niveau national et décentralisé ;

·        la création d’un Haut-Commissariat à la Modernisation de l’Etat (HCME) ;

·        la mise en place de divers mécanismes pour la prévention et la gestion des  conflits fonciers et intercommunautaires en vue de consolider la cohésion sociale au sein des populations.

AU TITRE DE LA GOUVERNANCE ET GESTION ECONOMIQUE

Même si la structure de notre économie dépendant encore très fortement du secteur primaire est vulnérable aux facteurs naturels propres à notre environnement sahélien, des réformes économiques ont été entreprises avec notamment pour résultats :

·        une croissance assez forte et soutenue du PIB avec un taux moyen d’environ 5,6% entre 2018 et 2020, assortie d’une inflation contenue et une tendance à un recul du déficit budgétaire, reflétant des efforts réels de maîtrise des dépenses publiques ;

·        des réformes substantielles visant à rendre plus performante la conduite de la politique économique ;

·        la réorganisation de l’Administration fiscale et la refonte de la fiscalité en  vue  d’accroître  la  mobilisation  des  ressources internes ;

Malgré ces avancées, notre économie reste néanmoins tributaire de nombreux défis que nous avons décidé de relever à travers 5 grands engagements :

·        la lutte contre la corruption et l’impunité : à ce sujet, nous avons accru les moyens de la Haute Autorité à la Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HALCIA) pour qu’elle accomplisse son travail de moralisation de la gestion des deniers publics.

·        le deuxième engagement est celui de l’accélération de la décentralisation financière et du renforcement des capacités humaines et techniques des administrations régionales et communales, afin de permettre aux  collectivités territoriales de disposer des ressources nécessaires en vue de renforcer le développement local.

·        le troisième engagement est celui de la réduction de la forte dépendance financière de l’économie nigérienne du concours de ses partenaires pour son équilibre budgétaire. A ce sujet, l’essor attendu du secteur pétrolier associé à la modernisation des administrations fiscale et douanière, l’élargissement de l’assiette fiscale, l’intensification de la lutte contre la corruption et l’amélioration du climat des affaires nous permettront de faire face significativement à notre déficit budgétaire chronique.

·        le quatrième engagement est celui de la réduction du déficit structurel de la balance commerciale. En effet, la balance des biens et services s’est détériorée en lien avec le repli de la valeur des exportations, notamment dans le domaine de l’uranium, et des produits agricoles et de l’élevage. Pour y pallier, nous avons décidé de créer des pôles agro-industriels spécifiques dans chacune des huit régions de notre pays.

·         Le cinquième engagement est celui de la maîtrise de l’énergie électrique. A ce propos, une stratégie nationale d’accès à l’électricité (SNAE) est en cours de mise en œuvre et vise à faire passer le taux d’électrification de 20% aujourd’hui à 80% à l’horizon 2035 avec un objectif intermédiaire de 40% en 2025. Pour ce faire, d’importants projets sont en cours de réalisation.

AU TITRE DE LA GOUVERNANCE DES ENTREPRISES

La gouvernance des entreprises nigériennes a enregistré d’importantes avancées durant les dix dernières années. En effet, selon le classement                       « Doing Business », le Niger a été classé 22ème à l’échelle du continent africain en 2020 et son classement à l’échelle mondiale s’est amélioré de 11 places entre 2019 et 2020.

Ces performances sont le fruit, non seulement, de la stabilité politique de la dernière décennie, mais aussi des réformes économiques et institutionnelles mises en œuvre.

Toutefois, des défis importants restent encore à révéler. Ils ont essentiellement trait à la révision de l’environnement juridique et réglementaire du secteur privé. Cette réforme portera sur :

·      L’environnement des affaires ;

·      La simplification des processus d’obtention de l’autorisation d’exercer ;

·      L’accompagnement du secteur informel vers sa formalisation.

La politique de développement du secteur privé qui date de 1994, sera bientôt révisée.   

AU TITRE DU DEVELOPPEMENT SOCIO- ECONOMIQUE

 L’exploitation optimale de nos potentialités économiques, conformément aux axes stratégiques de notre Plan de Développement Economique et Social (PDES 2022-2026), nous commande de focaliser nos efforts sur le développement du capital humain, l’inclusion et la solidarité, la consolidation de la gouvernance, de la paix et de la solidarité, et la transformation structurelle de notre économie.  

C’est à ce prix que nous renforcerons la résilience de notre économie pour un développement durable et une croissance inclusive.

Notre pays est bientôt appelé à réaliser une forte croissance économique qui le placera à partir de 2023 parmi les pays qui connaitront les meilleures performances économiques du continent africain.

Nous mettrons à profit cette opportunité pour développer plusieurs secteurs de notre économie : agriculture, infrastructures, énergie, industries, nouvelles technologies, etc.

Nous mettrons un accent particulier sur la modernisation de notre secteur rural à travers la mise en place d’un programme de pôles agro-industriels basés notamment sur un partenariat public-privé. Cela se traduira par la création d’unités dans chacune de nos régions, en fonction des avantages comparatifs de celles-ci, intégrant des centres ruraux de collecte et de transformation des produits agricoles.

L’inclusion et la solidarité qui sont parmi les fils conducteurs de notre Programme feront en sorte que les fruits de cette croissance soient répartis de manière équitable, avec comme objectif une baisse significative du taux de pauvreté dans notre pays.  

Excellence Monsieur le Président du Forum du Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs ;

Excellences, Mesdames et Messieurs  

La prospérité du Niger passe par la prise en charge de certaines questions hautement prioritaires comme la prévention et la gestion des effets pervers du changement climatique, l’accès aux services sociaux de base comme la santé, l’eau, l’énergie et surtout l’éducation pour laquelle j’ai la ferme volonté de relever le défi d’une offre éducative universelle et de qualité, afin de transformer la société et promouvoir un développement socioéconomique durable.

 

Excellence Monsieur le Président du Forum du Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs ;

Excellences, Mesdames et Messieurs

 

En instituant le MAEP, les Chefs d’Etats africains d’alors, visaient l’instauration d’une culture d’évaluation de la gouvernance de nos Etats, entre pairs soucieux d’un développement socio-économique harmonieux profitable à nos populations, résultant de transformations structurelles.

Nous avons apprécié à travers le Rapport, la certification des actions menées au Niger dans les quatre domaines de gouvernance du MAEP. Nous avons également pris bonne note des recommandations pertinentes susceptibles de nous permettre d’aller de l’avant. Et nous restons à votre écoute pour en recevoir d’autres encore plus précieuses et pertinentes.

Une évaluation aussi exhaustive étant une grande première au Niger, mon gouvernement prendra les dispositions idoines pour l’appropriation et l’intégration des recommandations qui en sont issues dans le Plan National d’Actions que nous nous efforcerons de mettre en œuvre. Cela conformément aux textes régissant le MAEP. En outre, nous nous engageons à vous présenter chaque année, un rapport d’étape.

 

Je vous remercie.

Dernière modification le jeudi, 09 février 2023 16:05

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