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Coup d’Etat du CNSP : Une forte pression sur le Niger

La pression se fait de plus en plus forte sur le Niger. Les mesures de rétorsion prises par la CEDEAO et l’UEMOA commencent à prendre effet dans un contexte d’inquiétude et de panique générale. Toutes les options ont été mises sur la table par les Institutions communautaires, en allant de l’embargo total à l’usage de la force, selon le communiqué du cinquante et unième sommet extraordinaire de la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernements de la CEDEAO tenu le 30 juillet 2023 à Abuja au Nigeria. Avec la batterie de mesures édictées par la CEDEAO, on a l’impression que l’institution communautaire joue son avenir ou pour tout dire sa survie à Niamey, après ses échecs répétitifs au Mali, en Guinée Conakry et au Burkina Faso.

Pendant ce temps, la junte continue imperturbablement à s’organiser et à s’installer, ignorant les menaces et l’embargo décrété qui commencent déjà à affecter le quotidien des nigériens.

Tout a commencé le 26 juillet 2023. Tôt le matin, la rumeur a fuité dans tous les milieux de Niamey. Les services de la présidence étaient inaccessibles par les fonctionnaires et autres agents des administrations publiques. A la mi-journée, on apprendra que le Président de la République Mohamed Bazoum est détenu par sa propre garde présidentielle. Ainsi, une longue période d’incertitude et de confusion s’est subitement installée autour de ce qui s’est passée réellement au palais présidentiel. Chacun allait de ses conjectures et de ses imaginations. Il a fallu pratiquement dans la soirée quand un communiqué de la présidence est venu annoncer que «tôt ce mercredi matin, des éléments de la garde présidentielle (GP) ont engagé un mouvement d’humeur anti-républicain et tenté en vain d’obtenir le soutien des Forces Armées nationales et de la garde Nationale’’ rassurant que ‘’le Président de la République et sa famille se portent bien’’.

Le communiqué de poursuivre que ‘’L’armée et la Garde Nationale sont prêtes à attaquer les éléments de la GP impliqués dans ce mouvement d’humeur s’ils ne reviennent pas à de meilleurs sentiments’’.

A partir cet instant, tout le monde est fixé il y’a bel et bien un malaise à la Présidence de la République et des vives inquiétudes ont commencé à habiter les esprits. La nouvelle s’est répandue à travers le pays et à travers le monde en si peu de temps. Ce qui ressemblait à un mouvement de palais s’est transformé en un coup d’état. Dans les environs de 23 heures, un groupe d’offiers est allé annoncer sur les antennes de la télévision nationale la chute du régime en place et le nom de l’organe qui porte la signature du coup de force.

Maintenant quid du nom du chef qui est derrière le putsch? On saura qu’il s’agit du chef du corps de la Garde Présidentielle lui-même, le Général de Brigade Abdourahamne Tchiani qui a conduit de bout en bout ce mouvement.

Toutes les démarches pour amener le groupe d’officiers à entendre raison ont été infructueuses. L’ancien Président de la République Issoufou Mahamadou était le premier à offrir ses bons offices. Après la hiérarchie militaire est rentrée également dans la danse. Face à cette situation de blocage la communauté internationale a pris le relais.

Une batterie de communiqués venant de la part des Institutions Internationales sont venues condamner fermement les événements de Niamey. Un sommet d’urgence a été convoqué par l’Union Africaine et la CEDEAO pour se prononcer sur la crise qui s’est installée au Niger.

A l’issue de ces conclaves, l’Union Africaine a donné un délai de deux semaines pour restaurer l’ordre institutionnel et regagner leur caserne.

La CEDEAO quant à elle a donné un délai d’une semaine au Général Tiani et ses collègues pour rétablir le Président Mohamed Bazoum dans son fauteuil. En plus de la menace d’une intervention militaire, la CEDEAO a pris plusieurs mesures contraignantes pour faire fléchir les auteurs du putsch.

 

La CEDEAO joue le tout pour le tout

Une batterie de mesures est prise par la CEDEAO à l’encontre la junte militaire de Niamey. C’est une sorte d’embargo total qui a été décidé à l’endroit du Niger. Tout l’enjeu pour l’Organisation communautaire est qu’elle joue son avenir à Niamey, après ses échecs répétitifs au Mali, au Burkina Faso et en Guinée Conakry sur ces mécanismes de dissuasion à un retour à une vie constitutionnelle normal. Ça passe ou ça casse, telle semble être l’option de la CEDEAO qui n’exclut pas une intervention militaire, selon son communiqué.

Des mesures à effet immédiat asphyxiantes pour le Niger sont prises par la CEDEAO. Fermeture des frontières aériennes et terrestres entre le Niger et les pays de la CEDEAO ; Etablissement d’une zone d’exclusion de la CEDEAO pour tous les vols commerciaux en provenance ou à destination du Niger ; suspension de toutes les transactions commerciales et financières entre les Etats membres de la CEDEAO et le Niger ; Gel de toutes les transactions de service, y compris les services publics

A cala s’ajoutent des mesures rigoureuses prises par l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, une autre organisation sous-régionale d’intégration. Ces mesures vont de la suspension de toutes les transactions financières entre les pays de l'UEMOA et le Niger au gel des avoirs financiers et monétaires de l'Etat du Niger à la BCEAO et dans les banques commerciales des pays de l'UEMOA ainsi qu’au gel des avoirs financiers et monétaires des entreprises publiques et parapubliques du Niger à la BCEAO et dans les banques commerciales des pays de l'UEMOA et la suspension des opérations financières entre les banques du Niger et les banques et les banques installées dans les autres pays de l'UEMOA.

Certaines de ces mesures de rétorsion sont déjà mise en œuvre. Le courant électrique provenant du Nigeria est coupé et de nombreux camions sont bloqués le long des frontières des pays voisins membres de la CEDEAO, notamment le Nigeria et le Bénin qui ont mis à exécution la fermeture des frontières.

La BCEAO a également mis en œuvre les mesures prises par l’UEMOA et les transactions financières sont bloquées.

Du côté de la junte et de ses soutiens, on ne s’inquiète outre mesure. Les nigériens sauront résister à ces mesures rassure-t-on.

Pendant ce temps, la panique s’est installée au sein des populations qui sont suspendues à la suite des événements.

Adoum Boulkassoum

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