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Dénonciation des accords avec EUCAP SAHEL et retrait du G 5 Sahel : Cascades de désaccords avec l’Union Européenne

décembre 06, 2023 0 572

L’Union Européenne et surtout sa délégation au Niger est visiblement loin d’être à la fin de ses surprises avec des décisions qui continuent de tomber en cascades. Après l’abrogation de la loi n°2015-036 du 26 mai 2015, relative au trafic illicite de migrants, le 25 novembre dernier, c’est les accords signés avec l’UE dans le cadre d’EUCAP SAHEL qui viennent d’être dénoncés par les autorités actuelles du pays.

Dans une correspondance en date du 04 décembre 2023, le Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, a annoncé la dénonciation par l’Etat du Niger, de l’accord entre la République du Niger et l’Union Européenne relatif au statut de la mission PSDC de l’Union Européenne au Niger (EUCAP SAHEL NIGER) conformément à son article S § 4 et au préavis de six (6) mois. La correspondance, de notifier à la Délégation de l’Union Européenne, que le gouvernement de la République du Niger décide alors du retrait des privilèges et immunités accordés dans la lettre n°017700/MAE/C/SG du 30 novembre 2022. En termes clairs, cela suppose que la Mission de Partenariat Militaire de l’Union Européenne et EUCAP SAHEL ont six mois pour quitter le Niger.

Cette décision est tombée comme un couperet sur la tête de la Délégation de l’Union Européenne au Niger qui a appris coup sur coup, l’abrogation de la loi relative au trafic illicite de migrants et le retrait du Niger du G5 Sahel. En l’espace de dix (10) jours, c’est trois décisions qui concernent d’une manière ou d’une autre l’Union Européenne, qui ont été prises par les autorités nigériennes de transition. La dénonciation des accords avec EUCAP SAHEL rentre dans le cadre de la reprise de la souveraineté du pays et la nouvelle dynamique de lutte contre le terrorisme, expliquent les autorités de transition. Mais il n’en demeure pas moins que cette coopération a produit des résultats palpables sur le terrain, contrairement à la controverse sur les résultats du contingent militaire français. On peut citer entre autres : la formation des Forces de Défense et de Sécurité et leur dotation en logistique et aussi la construction de plusieurs infrastructures au profit de plusieurs unités de la police nationale et aussi des autres corps. Inutile de faire cas des employés civils et militaires qui perdront leur travail décent dans un pays où l’accès à l’emploi constitue un véritable parcours de combattant.

Retrait du G5 Sahel

Le 1er décembre dernier, soit 3 jours avant la dénonciation des accords avec l’Union Européenne concernant EUCAP SAHEL, le Niger a décidé de se retirer en duo avec le Burkina Faso de la force conjointe du G5 Sahel, cette organisation créée en 2014 pour lutter contre le terrorisme dans les cinq (5) pays du Sahel central (Burkina, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad). Dans le communiqué rendu public à cet effet, le Niger et le Burkina ont motivé leur retrait par l’inefficacité de l’organisation, qui selon eux, neuf (9) ans après sa création, peine à atteindre ses objectifs. Ils ont également dénoncé ce qu’ils ont appelé la lourdeur institutionnelle et la servitude du G5 Sahel aux intérêts étrangers au détriment de ceux du peuple du Sahel et le tout suivi d’un dictat de quelques puissances étrangères. Le retrait du Burkina et du Niger intervient un an après celui du Mali réduisant ainsi le nombre de pays à deux (2), handicapant du coup le fonctionnement de cette organisation qui semble être en léthargie depuis un certain temps, faute de financements conséquents pour mener sa mission.

Suspension du soutien aux composantes du G5 Sahel par l’UE

Le 23 octobre 2023, Bruxelles a annoncé la suspension du soutien de la Commission Européenne aux composantes nigérienne et burkinabé de la Force Conjointe du G5 Sahel. L’Union Européenne de préciser que ‘’ cette mesure s’inscrit dans le cadre de la suspension de nos actions de coopération dans le domaine sécuritaire avec le Niger à la suite de la déclaration du 29 juillet dernier du Haut repré- sentant de l’UE pour les Affaires Etrangères et la Politique de sécurité et viceprésident de la Commission européenne en matière de sécurité et de défense avec le Burkina Faso.‘’ La commission de l’Union Européenne de préciser qu’il s’agit de la suspension de paiement des perdiems alloués aux officiers nigériens et burkinabés de l’Etat-major de Coordination de la Force Conjointe, ainsi que la suspension des formations, de la livraison d’équipements et des travaux d’infrastructures des bataillons nigériens et burkinabés de cette force. Depuis l’avènement des militaires au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et tout récemment au Niger, l’on assiste aux dénonciations des accords surtout en matière de sécurité entre ces pays et laFrance et l’Union Européenne. Des dénonciations qui, mêmes si elles se justifient, accentuent le chômage et la précarité au sein de la société.

Ibrahim Moussa

 

 

 

 

 

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