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Conférence des Chefs d’Etat de la CEDEAO Le CNSP dénonce la présence des ‘’fugitifs’’, la commission clarifie

décembre 19, 2023 0 984

Trois (3) jours après le sommet de la CEDEAO, le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) est monté aux créneaux, dénonçant la présence de ce qu’il a appelé ‘’les fugitifs’’, allusion faite aux anciens membres du gouvernement du pouvoir déchu à la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernements de la CEDEAO tenue à Abuja le 10 décembre dernier. Dans un communiqué lu par son porte-parole, le mardi 13 dé- cembre 2023, le Colonel le Colonel Major Abdoulaye Amadou a fustigé le comportement de la CEDEAO. Le CNSP s’est dit indigné par la ‘’participation incompréhensible de certains membres du Gouvernement nigérien déchu à la 64ème session ordinaire du de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernements de la CEDEAO le 10 décembre dernier à Abuja au Nigeria’’.

Protestant contre l’accueil des membres du Gouvernement déchu au sommet du 10 décembre, le Colonel Major Abdoulaye Amadou a martelé que ‘’Le Niger condamne cette énième provocation de la CEDEAO qui est de nature à saper tout effort pour trouver une solution diplomatique et négociée à la situation politique actuelle’’. Le communiqué de poursuivre que

‘’La CEDEAO ne peut en effet décider d’une part de la suspension du Niger de toutes ses instances et d’autre part permettre à des fugitifs de représenter illégalement notre pays. Cette attitude désinvolte sur fond d’incohérence prouve à suffisance le mépris de la CEDEAO pour les textes communautaires et le droit international en général’’. Pour le CNSP, elle s’inscrit dans une logique de soutien à des amis politiques et d’autres partenaires d’affaire au détriment des intérêts des Etats et des peuples de la CEDEAO. Elle participe également d’un plan subversif et de déstabilisation du Niger à travers la formation d’un pré- tendu gouvernement parallèle soutenu par des puissances étrangères’’ a laissé entendre le porte-parole du CNSP. S’adressant au Président en exercice de la CEDEAO et Président de la République Fédérale du Nigeria, Bola Ahmed Tinubu, le Colonel Major Abdoulaye Amadou de rappeler ‘’que le Niger et le Nigeria ont des liens millénaires et intangibles de fraternité qui mérite d’être préservés’’. Aussi ne saurait-il continuer à abriter dans son pays des individus recherchés par la justice nigérienne qui participent à l’organisation de la déstabilisation du Niger à partir du Nigeria, a-t-il déploré.

Concluant le communiqué, le porte-parole du CNSP de préciser que ‘’ le gouvernement du Niger rappelle encore une fois la CEDEAO à se ressaisir et arrêter de recevoir des directives qui ont pour seul objectif de diviser les pays africains’’  

La commission de la CEDEAO apporte des précisions

Incompréhension, semble dire la CEDEAO qui relativise ce qui est perçu comme un problème par les responsables militaires de la transition. Moins de 24 heures seulement après la colère du CNSP exprimée dans son communiqué en date du 13 décembre 2023. Dans un communiqué en date du 14 décembre 2023 la commission de la CEDEAO a voulu apporter des clarifications en ce qui concerne la république du Niger : Premièrement la Commission considère que ‘’Jusqu’à sa 64ème session ordinaire tenue le 10 dé- cembre 2023, la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement voyait dans la situation survenue au Niger une tentative de coup d’Etat, et considérait toujours S.E.M. Mohamed Bazoum comme le Président de la République du

Niger, Chef de l’Etat’’. Deuxièmement poursuit le communiqué, ‘’du fait de cette position, le Niger n’était pas suspendu des organes de décision de la CEDEAO et les membres du gouvernement de S.E.M. Bazoum étaient habilités à représenter le Niger aux réunions statutaires de la CEDEAO. Enfin troisièmement la Commission de la CEDEAO estime que ‘’le sommet du 10 décembre a reconnu que le gouvernement de S.E.M. Mohamed Bazoum avait été effectivement renversé par un coup d’Etat militaire. Par consé-quent, à compter du 10 décembre 2023, le Niger est suspendu de l’ensemble des organes de décision de la CEDEAO, jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel dans le pays.

Voilà donc pour la clarification apportée par la commission de la CEDEAO qui on l’espère va décrisper le climat tendu entre l’institution communautaire et les autorités nigériennes de transition. Les deux parties ont deux semaines, selon les recommandations de la CEDEAO pour trouver un début de solution à la crise politique née des événements du 26 juillet 2023.

 

Adoum Boulkassoum  

Dernière modification le mardi, 19 décembre 2023 10:03

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