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Entretien de la presse national avec le Chef de l’Etat : Les lignes n’ont pas bougé

février 19, 2024 0 721

Le Président du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), Chef de l’Etat, le Général Abdourahamane Tiani s’est entretenu, le dimanche 11 février 2024 avec des journalistes de la Radio et Télévision Nationales (RTN). Au cours de l’entretien, le Général Tiani est revenu sur les raisons du retrait le 28 janvier dernier des trois pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) dont le Niger de la CEDEAO, les perspectives après ce retrait et l’affaire d’une importante quantité d’or qui a défrayé la chronique au Niger.

Dans les réponses données aux journalistes, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani ne décolère pas par rapport à la CEDEAO. Au contraire, il fonce le clou, indexant nommément certains Chefs d’Etat de n’avoir pas facilité la tâche au CNSP et d’être de mèche avec la France. Politologue, historien, géographe, économiste, le Chef de l’Etat était tout à la fois, rappelant sans cesse l’Histoire de la CEDEAO, de la colonisation, du multipartisme dans nos Etats. Le Général Tiani est totalement resté collé à l’option souverainiste déclinée à la suite de la prise du pouvoir par le CNSP. Il reste toutefois, en termes de perspective, après le retrait du Niger de la CEDEAO, que les lignes n’ont pas bougé ou pour tout dire c’est le statu quo. Les réponses aux questions que se posent la majorité silencieuse des nigériens n’ont pas du tout été abordées. De quoi sera fait demain après le retrait de la CEDEAO ? Qu’en est-il de la feuille de route de la transition ? Ce sont là des interrogations que se posent de nombreux nigériens qui sont restés sur leur soif.

 

Retour sur le retrait des pays de l’AES de la CEDEAO

Dimanche 11 février 2024, le Chef de l’Etat, le Général Abdourahamane Tiani, décontracté et sans complexe aucun, était face à des journalistes de la Radio et Télévision Nationales pour entretenir les nigériens sur certaines préoccupations de l’heure. Comme à ses habitudes, il s’est exprimé en trois langues, le Français, le Hausa et le Zarma. Une large part de l’entretien était centrée sur le retrait du retrait des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

Le Président du CNSP de rappeler par rapport aux raisons qui ont motivé les retrait que ‘’la CEDEAO n’était plus celle des pères fondateurs’’. Pour lui, la CEDEAO s’est éloigné des objectifs de la communauté qui sont ‘’purement économiques et la prospérité des peuples’’

Le Général Tiani de rappeler que la CEDEAO reposait sur des principes d’Egalité et d’indépendance des Etats membres, la solidarité et l’autosuffisance collective, la non-agression et les droits de l’homme qui ne sont pas respectés aujourd’hui.

Trois raisons nous ont amené à quitter la CEDEAO, a souligné le Président du CNSP au cours de l’entretien.

La première raison, a-t-il dit est sécuritaire : «La CEDEAO a menacé le Niger d’une agression militaire armée Nous ne pouvons pas porter sur notre conscience le poids du massacre des nigériens’’

La deuxième raison, a poursuivi le Général Tiani est morale et éthique. ‘’Le peuple nigérien a été dépourvu de tout. Des produits pharmaceutiques, le minimum vital, de l’énergie électrique’’ a-t-il relevé.

Et enfin la troisième raison est d’ordre économique. Qu’aurions-nous gagné en restant dans une CEDEAO où nous sommes sous embargo total, (…) embargo monétaire où nos dépôts à la BCEAO sont confisqués en 2023 ?

«(…)…nous avons décidé qu’il est temps de sortir dans cette organisation de laquelle les états auraient dû sortir dès 1991 au lendemain du discours de La Baule parce que c’est à partir de là que la France avait pris le contrôle de notre organisation et qui ne correspond plus à l’esprit initial ayant conduit à la création de la CEDEAO» a expliqué le Général Tiani.

Le Chef de l’Etat a aussi largement expliqué le processus de négociations entamé par le Niger et la CEDEAO dans le cadre du règlement de la crise nigérienne, les sacrifices consenties par les autorités nigériennes de transition dans le cadre du dialogue ainsi que les interférences et infiltrations qui ont amené les autorités nigériennes à être méfiante de l’organisation communautaire. D’une condition à une autre, le président du CNSP Tiani a estimé que ‘’les dés étaient jetés’’, ‘’les chefs d’Etat de la CEDEAO n’avait pas la décision, celle-ci appartenait à Paris’’.

 

Pas d’annonce de perspective ou de piste de sortie de crise

Sur les perspectives après la sortie du Niger de la CEDEAO, le Président du CNSP est resté quelque peu réservé.

Le Chef de l’Etat reste optimiste. ‘’Nos perspectives ne peuvent être que meilleures’’, a-t-il affirmé relativisant la libre circulation des personnes et des biens à travers l’Histoire. Pour le Général l’AES est un socle solide qui peut sortir le Niger d’affaire en renforçant les échanges au sein des Etats membres de l’Alliance pour la prospérité des peuples. ‘’Il n’y’aura pas de chaos, il n’y aura pas de drame’’ après la sortie de la CEDEAO, a-t-il soutenu.

Toutefois par rapport à la poursuite des négociations et à la sortie de crise, aucune piste de sortie n’a été proposée par le Chef de l’Etat. Les rapports avec la CEDEAO se sont largement dégradés et les Etats de l’AES ont réaffirmé l’irréversibilité de leur décision de retrait. Avec qui négocier désormais ?

A l’interne, l’option du dialogue national inclusif proposé par le président du CNSP s’éloigne de plus en plus. Aucune idée à cette date sur l’exécution de la feuille de route de la transition et l’installation des institutions qui doivent accompagner celle-ci.

Par rapport à la sortie de crise, l’on ignore également le sort des négociations avec les médiateurs de la CEDEAO qui avaient connu une grande avancée.

L’on s’interroge également sur les mécanismes prévus par le Gouvernement de transition sur le ravitaillement régulier du pays et l’allègement à court terme des souffrances endurées par les populations depuis les lourdes sanctions prises par la communauté à l’endroit du Niger.

Sur ces aspects, la majorité silencieuse des nigériens est restée sur sa soif.

L’affaire de l’or, simple diversion

Le Chef de l’Etat a aussi abordé l’affaire de l’or qui a défrayé la chronique au Niger. A ce sujet, la montagne a accouché d’une souri.

‘’Nous devons réfléchir avant de donner échos à certains propos’’ a averti le président du CNSP qui précise qu’il y’a des gens qui ont été modestes qui ont avancé une quantité de 1578 kg saisie en Ethiopie, d’autres ont dit 23 tonnes d’or saisies et que c’est le CNSP qui aurait remis toutes ces quantités aux Russes’’

‘’Les gens sont prêts à tout pour nous divertir’’, ‘’nous sommes inscrits dans une marche de souveraineté qui ne plait pas à tout le monde’’ a rappelé le Général Tiani.

Le Président du CNSP de soutenir que ‘’Tous les moyens seront utilisés pour casser notre affirmation vers notre souveraineté et notre indépendance, c’est dans ce sens que s’inscrit cette affaire de saisie de 1578 tonnes d’or’’

‘’En Ethiopie, même les autorités éthiopiennes n’ont pas vu la couleur de cet or’’ a affirmé le Président du CNSP.

Pour le Général Abdourahamane Tiani l’affaire de l’or est donc imaginaire et relève des intrigues de ceux qui ne sont pas contents des mesures prises par le CNSP dans l’exploitation et l’exportation de l’or depuis le 26 juillet 2023, à en croire le Chef de l’Etat.

Adoum Boulkassoum

Dernière modification le lundi, 19 février 2024 16:47

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