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Nomination des secrétaires généraux des municipalités : le Député-Maire Oumarou Dogari récidive !

novembre 05, 2021 0 1339

Depuis le 27 octobre dernier, le gouverneur de la région de Niamey M. Oudou Ambouka et le Député- Maire M. OumarouMoumouni Dogari sont à couteau tiré. Cette brouille a éclaté suite à la nomination d’un secrétaire général au niveau de la ville de Niamey et des Secrétaires Généraux au niveau de chacun des arrondissements communaux de la ville.

Aux termes des arrêtés N ° 0 2 1 0 / D / M / P C V N / S G , N°0211/D/M/PCVN/SG et 0212/D/M/PCVN du 27 octobre, le locataire de l’hôtel de ville de Niamey a promu six (6) militants de sa formation politique, le MODEN FA LUMANA au poste des secrétaires généraux, et ce, en violation flagrante du message radio en date du 13 Septembre 2021, émis par le Ministère de l’intérieur et de la décentralisation, transmis à tous les responsables des entités décentralisées.

Dans son message, le ministre Alkache Alhada avait demandé aux différents maires de surseoir à tout recrutement et à tout changement de positions aux agents des collectivités territoriales en service dans leurs entités.

Il leur a demandé de mettre à profit le dernier trimestre de l’année 2021 pour faire une évaluation concrète de leurs besoins en matière de ressources humaines et prendre des dispositions pour faire provision de ressources financières nécessaires à leur prise en charge (salaires et cotisations sociales) dans le budget 2022.

Aussitôt les nominations des secrétaires généraux rendues officielles que le Gouverneur de la région de Niamey a écrit au Député- Maire de la ville de Niamey pour lui signaler que les différents arrêtés de nominations, violent l’esprit et la lettre des directives édictées par la hiérarchie. Et que par conséquent, ces nominations sont nulles et de nul effet, a notifié, le Gouverneur Oudou Ambouka.

En lieu et place d’obtempérer, le Député-Maire, Oumarou Moumouni Dogari a choisi de répondre à son interlocuteur, à travers une correspondance dans laquelle, il a mis en évidence les textes sur lesquels, il s’est basé pour prendre ces actes de nomination.

Il a évoqué l’ordonnance 2010-45 du 17 septembre 2010 portant Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) et de loi 2019-28 du 17 Juin 2019 portant statut autonome du personnel des collectivités territoriales.

Oumarou Moumouni Dogari de rappeler également les dispositions de l’article 3, titre I qui stipule que les collectivités territoriales s’administrent librement par des conseils élus. Elles sont dotées de la personnalité morale et de l’autonomie financière.

Quant au message radio de la tutelle auquel faisait allusion le gouverneur de Niamey, le Député- Maire d’indiquer au gouverneur, qu’un message radio ne puisse pas mettre entre parenthèses l’ordonnance 2010-54 du 17 septembre 2010 et la loi 2019-36 du 17 juin 2019 à priori et la Constitution de la République du Niger à fortiori.

Visiblement, Oumarou Moumouni Dogari campe sur sa position et défend mordicus son acte. Pour preuve de son entêtement, malgré la note du Gouverneur, M. Ibrahim Belko, le nouveau secrétaire général de la ville de Niamey, a dans une note invité les agents de la ville de Niamey de prendre part à une cérémonie qu’organise le Député-Maire.

Jusqu’où ira ce bras de fer entre le gouverneur de la région de Niamey et le Président du Conseil de Ville, tout en sachant que ce dernier n’est pas à son premier bras de fer avec sa tutelle.

Pour rappel, en 2013 étant à la tête de la ville de Niamey, M. Oumarou Moumouni Dogari a engagé un bras de fer avec le Ministère de l’intérieur. Il a recruté à tour de bras environ 2000 agents essentiellement sur des bases partisanes à la ville de Niamey sans compter un endettement lourd de la ville de Niamey qui a paralysé son fonctionnement.

Son entêtement, de jouir d’une autonomie de gestion qui sous-entend un laisser-aller total chez lui a conduit la tutelle qu’est le Ministère de l’Intérieur à l’éjecter de la présidence du conseil de ville. Il fut remplacé par un administrateur délégué.

Pour le moment on est loin de ce schéma. Mais il vaut mieux pour le député Maire de savoir privilégier la culture du contentieux en faisant recours auprès des juridictions compétentes pour abus de pouvoir que de vouloir créer un bras de fer. C’est cela aussi la démocratie.

Ibrahim Moussa (larouedelhistoire.com)

Dernière modification le mardi, 09 novembre 2021 00:23

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