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Vers un assainissement du paysage politique

février 19, 2022 0 846

Le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation vient d’engager une vaste étude sur la situation des partis politiques au Niger. Plusieurs équipes sont déployées dans la ville de Niamey pour soumettre un questionnaire aux différents partis politiques de la place. Ces derniers doivent répondre à plusieurs questions liées à leur fonctionnement, notamment l’existence d’un siège national visible, la tenue d’une comptabilité régulière, la tenue régulière des congres et instances statutaires et le respect de leur périodicité, la représentativité aux niveaux des régions, le nombre de participations aux élections et le nombre d’élus locaux ou à l’Assemblée Nationale, entre autres. En réalité le questionnaire s’est inspiré de l’Ordonnance N°2010-84 du 16 décembre 2010 portant charte des partis politiques, régissant la création et le fonctionnement des partis politiques au Niger. Ladite ordonnance a prévu tous les aspects évoqués ici dans le questionnaire.

Selon certains responsables du ministère de l’Intérieur cette étude vise à dresser une situation précise des différents partis politiques en vue se faire une idée de leur conformité avec la loi mais surtout de mettre de l’ordre dans le paysage politique nigérien.

A la date d’aujourd’hui notre pays compte plus de cent quatre –vingt (180) partis politiques dont une dizaine non fonctionnelle ou en situation de fusion avec d’autres formations politiques. D’aucuns parlent de pléthore de partis politiques pour un pays pauvre comme le Niger car la gestion d’un parti politique et la participation aux élections nécessitent beaucoup de moyens logistiques et financiers.

Selon une étude récente menée par le cabinet Niger Horizon, la campagne électorale pour un siège de conseiller communal coûte environ un million de franc ; pour le siège de député national 10 millions et un milliard approximativement pour la campagne électorale pour le fauteuil présidentiel. L’étude a relevé le renchérissement de la campagne électorale au fil du temps et le recours abusif a l’argent pour conquérir les suffrages des électeurs.

Ainsi à la suite du processus électoral 2020- 2021 sur les 172 partis politiques fonctionnels enregistrés au ministère de l’intérieur seuls 44 partis ont pu obtenir au moins un siège de conseil communal. 20 partis sont représentés à l’Assemblée Nationale avec au moins un siège de député national.

Au niveau de l’élection présidentielle, sur les trente (30) candidats, 5 (cinq) ont pu franchir la barre des 5% et 18 candidats ont eu moins d’un (1%) des suffrages.

Par rapport à la tenue de la comptabilité, selon le dernier rapport de la Cour des comptes dix - huit (18) ont présenté leurs comptes comme prévu par la loi, mais sept (7) seulement sont jugés bons, les autres ont été rejetés pour manque de fiabilité. Le gros lot des partis politiques n’as pas présenté de compte annuel par manque de comptabilité certainement.

Parlant de l’existence de sièges nationaux abritant les partis, seule cette étude du ministère de l’intérieur pourra déterminer le nombre des partis politique qui satisfont à cette exigence de la loi.

Il en est de même pour la participation aux élections. Ce qui est sûr la loi dit que «tout parti politique qui ne participe pas à deux élections générales successives est d’office suspendu.»

Que faut-il dire sur la représentativité? La charte des partis politique dit à ce niveau que «tout parti politique agréé est tenu de se faire représenter dans les huit (8) régions du pays dans un délai d’un an.»

Le chapelet des obligations des partis politiques est loin de finir. Il y a le respect de la périodicité de la tenue des congrès, la formation et la sensibilisation des militants, la contribution à la formation de l’opinion en vue de la préservation et de la consolidation de l’unité nationale, de la démocratie, de l’état de droit, de la paix, de la sécurité et du développement économique, social, et culturel. etc…

Quel état de lieu pouvons- nous faire de la situation des partis politiques aujourd’hui ?

Pour le moment les regards sont tournés du côté du ministère de l’Intérieur pour savoir l’exploitation qui sera faite des résultats de l’enquête et les décisions qui en découleront pour un paysage politique plus sain et harmonieux.

Adoum Boulkassoum

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