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Redéploiement probable de la force Takuba au Niger: le gouvernement engage sa responsabilité devant le parlement

février 23, 2022 0 693

Comme on le sait, à l’issue du sommet du G5 Sahel tenu le 16 février 2022, à Paris en France, le Président Macron a annoncé le retrait des forces Barkhane et Takuba du territoire malien; avec la détérioration graduelle des relations entre les deux pays depuis l’installation de la junte militaire au pouvoir, mais surtout du fait de l’arrivée des mercenaires russes du groupe Wagner au Mali. Cette décision était du reste attendue depuis longtemps au regard des échanges violents qui ont entaché les relations diplomatiques entre la France et le Mali et à l’entêtement des responsables maliens à faire recours à cette société privée de sécurité dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme.

A la veille du sommet déjà, le Ministre des Affaires Etrangères français Jean Yves le Drian avait déjà annoncé la teneur de cette décision. Toutefois, a précisé le Président français, les troupes Barkhane et Takuba vont continuer à combattre le terrorisme et à assurer la sécurité au sahel.

D’où la nécessité de procéder à un redéploiement et des réajustements de ces troupes en direction d’autres pays. Le Niger qui est des pays concernés par la crise va accueillir certainement un contingent et on parle des pays du golfe de Guinée notamment la côte d’Ivoire, le Togo, le Ghana, et le Benin qui sont également de plus en plus menacés. Intervenant sur une chaine internationale le ministre des Affaires étrangères nigérien, M. Hassoumi Massaoudou a expliqué que notre pays est favorable à une collaboration pour renforcer les capacités de nos Forces de Défense et de Sécurité (FDS) dans les informations et l’expertise pour plus de résultats. Il ajouté également que notre capitale est la plus proche du théâtre des opérations car située à 200km de la frontière malienne et une centaine de kilomètres du Burkina Faso.

Par ailleurs, dans une interview accordée au Journal le Figaro le président Mohamed Bazoum a indiqué que le Niger pourrait accueillir la force Takuba, composée d’à peu près huit (800) militaires qui seront positionnés sur le long de la frontière avec le Mali qui fait 821 km. Cette option présente beaucoup d’avantages pour notre pays dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Ce sont des forces spéciales avec des capacités répondant aux menaces des terroristes a expliqué Mohamed Bazoum. En plus, ces forces viendront combler le vide qui sera créé du côté du Mali et sécuriseront nos frontières.

Mais les choses seront précisées à partir du mois de juin prochain pour déterminer le meilleur schéma qui sied à travers un accord avec les gouvernements Européens. Néanmoins, le Président Mohamed Bazoum a précisé déjà que cette force Takuba pas n’aura pas pour mission de remplacer nos forces de défense et de sécurité, son rôle est d’apporter son expertise sur le plan du renseignement et de l’appui aérien.

On constate ainsi que la position des autorités nigériennes n’a nullement changé en ce qui concerne la coopération avec les forces étrangères dans cette lutte contre le terrorisme. L’appui des forces étrangères est circonscrit dans les domaines de la technologie, de la formation et de l’expertise, mais il revient à nos différentes armées nationales d’assurer la sécurité dans nos pays.

Cela n’a pas empêché à certains leaders de l’opposition politique nigérienne et acteurs de la société à la solde de cette dernière, d’engager un débat pernicieux sur cette question, en voulant manipuler l’opinion publique et en présentant la présence des forces étrangères aux côtés de nos FDS, comme une invasion d’une armée étrangère. Profitant de cette ambiance précaire créée dans la sous-région ces derniers rêvent d’usurper le pouvoir qu’ils n’ont pas pu conquérir par les urnes. Pour couper court à toute exploitation malveillante de cette question de reploiement de la force Takuba dans notre pays, le Président de la république a décidé d’engager la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée Nationale qui doit se prononcer sur le sujet. Pourtant dans les cas d’espèces le président de la République n’est même pas obligé de se soumettre à cet exercice. Selon les explications du ministre des Affaires Etrangères il s’agit ici des accords de coopération ponctuels et non des accords de défense. On n’est plus dans la situation de l’art 67 de la Constitution qui parle de menace sur l’intégrité du territoire national ou l’exécution des engagements internationaux.

Adoum Boulkassoum

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