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Enseignement Supérieur : Controverse autour des réformes des Universités Publiques

septembre 16, 2022 0 754

Rien ne va dans les milieux universitaires du Niger depuis l’annonce de la réforme annoncée par le Ministère en charge de l’Enseignement supérieur sur les Universités publiques du Niger. L’arrêté N°00232/MES/R/DGE/DIF du 07 septembre 2022 a brisé le peu d’accalmie qui régnait au niveau des Universités publiques du Niger, juste au moment où les cours ont timidement repris après les vacances. Pour le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Ph. D Mamoudou DJIBO, il n’y a rien d’extraordinaire à l’arrêté pris par son ministère. Il s’agissait d’une décision des Recteurs des Universités publiques réunis le 1er octobre les réformes à apporter pour sauver les Universités Publiques. Les propositions visaient au niveau des universités dites de dernière génération, à maintenir au niveau de l’Université d’Agadez l’IUT et de transférer la faculté des sciences et techniques qui sera transférée à Zinder ; à l’Université de Diffa maintenir l’IUT, transférer la faculté d’agronomie à l’Université Dan Dicko Dan Koulodo de Maradi ; l’Université de Dosso conserver l’IUT et transférer la faculté des sciences et techniques à l’Université Abdou Moumouni de Niamey et à l’Université de Maradi, maintenir toutes les filières sauf la pharmacie qui sera transféré à l’Université de Niamey.

Justifiant toujours la réforme, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Ph. D Mamoudou DJIBO a soutenu qu’il s’agit d’une question de survie, de sauvetage car les Universités dites de dernière génération avaient dès au départ des champs thématiques. Depuis 2014, le Gouvernement à travers le conseil des Ministres, a adopté des projets de loi portant création de quatre établissements publics à caractère scientifique, culturel et technique dont celles d’Agadez, de Diffa, de Dosso et de Tillabéri. Ces Universités seront spécialisées en fonction des potentialités de chaque région. Celle d’Agadez sera spécialisée dans la filière des mines et énergies renouvelables avec un Institut Supérieur en Energie Fossile et Energie Renouvelable (ISEFER) ; Celle de Diffa, devait démarrer avec un «Institut Supérieur en Environnement et Ecologie »(IS2E) ; celle de Dosso, sera le pôle de technologie pour le développement de l’Economie Numérique ; et celle la région de Tillabéri, accompagnera le barrage de Kandadji avec un «Institut Supérieur d’Agronomie Alimentaire et Nutrition» (ISAAN).

Les objectifs visés à travers la création de ces universités étaient aussi le décongestionnement des Universités existantes qui ne peuvent plus accueillir la totalité de nouveaux bacheliers et l’amélioration de la qualité des enseignements.

Mais il faut dire que la réforme engagée à travers l’arrêté du 7 septembre provoque une certaine effervescence tant au niveau des étudiants qu’au niveau des Enseignants et Chercheurs du Supérieur. Pour le Syndicat National des Enseignants- chercheurs et Chercheurs du Supérieur (SNECS) qui réagissait dans une déclaration en datez du 14 septembre 2022, l’arrêté portant réorganisation de certaines universités publiques et la restructuration de leurs facultés, départements, Ecoles et

Instituts universitaires de technologie à compter de la rentrée académique 2022- 2023 est tout simplement ‘’illégal et non conforme aux dispositions en vigueur dans les Universités Publiques du Niger (UPN). Le SNECS estime que le gouvernement à travers ledit arrêté viole la loi et le protocole d’accord SNECS Gouvernement en date du 27 mars 2020.

Le SNECS parle de ‘’fermeture déguisée, illégale, dommageable et unilatérale des Universités publiques d’Agadez, de Diffa, de Dosso et de Tillabéry ainsi que celle de la section Pharmacie de l’Université Dan Dicko Dan Koulodo de Maradi.’’

Le SNECS exige aussi le retrait pur et simple de cet arrêté qui, dit-il risque de compromettre les acquis démocratiques dans les UPN.

Même son de cloche au niveau de l’UENUN qui estime que c’est un recul. L’un dans l’autre, une véritable controverse s’est installée autour de cette réforme des universités qui annonce un bras de fer entre le ministère de tutelle et la communauté universitaire.

Adoum Boulkassoum

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