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Renouvellement du contrat d’affermage avec la SEEN : Puériles jérémiades de Ladan Tchiana !

septembre 24, 2022 0 621

Qu’est ce qui fait courir l’opérateur économique Omar Hamidou Ladan Tchiana ? Ces derniers temps, il est omniprésent sur les réseaux sociaux et dans les colonnes de la presse, se livrant à un mélange de genre entre politique et business. Député national, à la tête de AMENAMIN, un petit parti qui ne compte que deux sièges dans l’hémicycle, il se fait passer pour le plus grand opposant au régime en place alors que les nigériens ont tous en mémoire son score de 1,59%.

Après avoir essayé d’attirer, en vain, l’attention de l’opinion publique sur sa personne sur le plan politique à travers de nombreux tweets et publications aux relents populistes, il a glissé cette fois-ci sur son univers de prédilection, les affaires, pour poser un faux débat qui semble faire l’objet d’une campagne médiatique dans les médias internationaux, à propos de l’expiration du contrat d’affermage de la Société d’Exploitation des Eaux du Niger (SEEN) dont il est l’un des actionnaires. Il se fait déjà passer pour une victime considérant que le pouvoir s’acharne sur lui pour ses opinions, alors qu’on en est qu’au stade d’évaluation et de bilan au niveau de la SEEN, le souci du Gouvernement étant de répondre à l’engagement du Président de la République sur «la réduction maximale des disparités inter et intra régionales pour tendre vers l’accès universel à l’eau potable et vers une couverture géographique de 95% et à un taux d’accès de 55%.

En réalité, c’est connu de tous, le contrat d’affermage qui lie l’Etat du Niger à la Société d’Exploitation des Eaux du Niger (SEEN) est arrivé à terme après deux (2) décennies de mise en œuvre. En prélude au renouvellement de ce contrat, le Directeur Général de Véolia Water, la multinationale française qui détient 51% des actions de la société, M. Philippe Bourdeaux, Directeur de la zone Afrique et Moyen Orient de la société a effectué un déplacement au mois de mars dernier à Niamey.

Le patron de Véolia transportait dans sa valise des documents pour la reconduction du contrat. Mais à sa grande surprise, pour le gouvernement nigérien, l’heure était au bilan et la partie gouvernementale a demandé un report, le temps de jauger les résultats en matière de l’exploitation et l’approvisionnement en eau potable des populations.

Malheureusement, le bilan semble mitigé compte tenu non seulement de la mauvaise prestation dans la desserte en eau potable dans les grandes villes Nigériennes, y compris Niamey la capitale, mais aussi des disparités entre milieux urbains et milieux ruraux.

Lors d’un point de presse conjoint animé par le Ministre de l’hydraulique et le Directeur Général de Véolia zone Afrique et Asie, le Ministre Mahaman Adamou en charge du secteur a clairement fait savoir à son interlocuteur que le rythme de la SEEN ne répond pas à l’ambitieux programme du Président de la République en matière de l’hydraulique urbaine et rurale.

Le gouvernement par la voix du Ministre de l’hydraulique M. Adamou Mahaman s’est donné pour délai la fin de l’année pour faire le bilan et réfléchir à la nouvelle formule de partenariat qu’il entend désormais engager avec les partenaires après 20 ans de collaboration.

Depuis cette annonce, l’opposant Omar Hamidou Tchiana et actionnaire à la Société d’Exploitation des Eaux du Niger (SEEN) est en train de courir et de s’agiter comme si c’est sa seule personne et ses intérêts qui sont visés si jamais le contrat d’affermage n’arrive pas à être renouvelé. Pour lui, ses actions et les intérêts qu’ils lui rapportent doivent être intouchables même si cela compromet l’intérêt supérieur de la nation. Avec une part importante de 34% des actions que détiennent les privés nigériens, dont la plus grosse est détenue par Omar Hamidou Tchiana, celui-ci mène une offensive à l’allure d’une campagne médiatique, plus que la société française Véolia Water qui détient 51% des actions qui reste pour l’instant discrète. Comment dans un pays qui se respecte, l’eau qui est un produit stratégique peut être privatisé et laissé à la merci des particuliers qui mettent en avant leurs intérêts égoïstes en lieu et place de l’accès à tous à une eau pour toutes les franges de la population ?

En vingt (20) ans de contrat d’affermage, la SEEN a effectué au total 300.000 branchements particuliers, là où l’ambition du Président de la République Mohamed Bazoum est de réaliser 400.000 branchements particuliers en cinq (5) ans.

A ces faibles réalisations s’ajoutent les difficultés d’accès d’eau dans les villes comme Niamey, Dosso, Maradi et Zinder en période de grande chaleur malgré qu’elles soient dans des périmètres affermés.

«Ce n’est pas normal que nous continuons dans ces difficultés avec des petits problèmes que nous pouvons régler», a déploré le Ministre de l’hydraulique, face à M. Philippe Bourdeaux, au mois de mars 2022.

Un autre motif d’insatisfaction de la partie gouvernementale, c’est le coût élevé du mètre cube qui triple voire quadruple dans les zones rurales contrairement aux centres urbains.

Le prix du mètre cube en milieu rural a d’ailleurs fait l’objet d’une discussion chaude dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, lors de l’interpellation du ministre de l’hydraulique et de l’Assainissement en juin dernier. À l’exception d’Omar Hamidou dit Ladan Tchiana, les députés ont, à l’unanimité, condamné cet état de fait qui constitue un véritable paradoxe pour les clients de la SEEN qui ont du mal à comprendre que les pauvres paysans consomment l’eau du robinet plus chère que leurs concitoyens vivant dans les grandes villes et dont la bourse est de très loin supérieure à celle des habitants vivant en campagne.

C’est toutes ces insuffisances et ces inégalités que le gouvernement veut corriger en mettant sur la table le contrat d’affermage avec la Société d’Exploitation des Eaux du Niger (SEEN).

L’Etat qui détient 5% seulement des actions et qui avait décidé de donner en concession l’exploitation de l’eau a le devoir de sauver l’intérêt général quand le cahier des charges est loin d’être respecté par les fermiers. Il peut pour des raisons qui lui sont propres remettre en cause le contrat et aller même jusqu’à nationaliser la société au besoin.

Et c’est le choix souverain de l’Etat du Niger qui entend évaluer et redresser la situation pour le seul intérêt du Niger et de ses populations.

Adoum Boulkassoum

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