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Panel de Haut niveau sur l’industrialisation inclusive et durable comme moteur de la résilience, de la création d’emploi et de la stabilité au Sahel : Pour un changement de narratif du Sahel

novembre 22, 2022 0 468

Dans le cadre du Sommet Africain sur l’Industrialisation qui se tient à Niamey, au Niger, la Commission Economique pour l’Afrique (CEA), a organisé ce mardi 22 novembre 2022 au palais des congrès, une réunion de haut niveau sur l’industrialisation au Sahel.

Le panel a regroupé en présentiel et en ligne, des responsables gouvernementaux, des experts onusiens et le secteur privé. Parmi les personnalités qui ont rehaussé de leur présence les discussions de ce panel, figurent : la Ministre de l’Industrie et de l’Entreprenariat des Jeunes de la République du Niger, Mme Salamatou Gourouza, son homologue de la République Démocratique du Congo, le Secrétaire Exécutif de la CEA par intérim, M. Antonio Pedro, la Directrice Exécutive Adjointe de la CEA, Mme Hanane Morsy, le Représentant de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) pour l’Afrique de l’Ouest, M. Christophe, la Directrice du Bureau Régional Afrique de l’Ouest de la CEA, Mme Ngoné Diop et plusieurs autres invités de marque.

Sahel 1

En s’adressant à l’assistance, M. Antonio Pedro a indiqué que huit (8) pays sur les quinze (15) qui constituent la sous-région Afrique de l’Ouest sont sahéliens et face aux défis auxquels  le Sahel est confronté, il est extrêmement important d’investir dans l’industrialisation afin de changer le narratif dans cette partie du continent, qui est synonyme aujourd’hui des conflits et besoins humanitaires.

« Le Sahel est une région d’opportunité, il suffit de mettre en œuvre les 5 stratégies qui concernent : l’industrialisation, la transformation, la digitalisation, le développement des chaines des valeurs et la mise en œuvre de la ZLECAF à travers le renforcement des capacités des producteurs africains.  

La question de l’industrialisation inclusive dans le Sahel est d’une importance capitale a laissé entendre Mme Salamatou Gourouza, qui a évoqué la nécessité d’inclure les jeunes et les femmes qui malheureusement sont en marge du développement économique, malgré leur poids démographique considérable.

Pour permettre à cette frange de la population d’intégrer le secteur industriel, la Ministre de l’industrie et de l’Entreprenariat des jeunes d’évoquer les initiatives du gouvernement en la matière. Elle a annoncé  l’implantation très prochainement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) dans certaines communes pilotes. Ces communes sont situées dans les zones affectées par l’insécurité à savoir, les régions de Diffa et Tillabéri.  Dans ces zones, c’est surtout l’oisiveté qui conduit à la tentation dont les jeunes sont victimes.

Un sommet pour l’action

L’ensemble des intervenants sont unanimes que l’heure est aujourd’hui à l’action et non aux rhétoriques en ce qui concerne l’industrialisation de l’Afrique de manière générale et le Sahel en particulier. Pour Abdoulaye Mar DEYE, Directeur du Centre de Développement pour le Sahel, le temps des discours et des conceptions des stratégies est dépassé. Le sommet de Niamey, doit être celui de l’action afin de changer le narratif du Sahel, a-t-il laissé entendre.

Même vision pour le représentant de l’ONUDI pour l’Afrique de l’Ouest M. Christophe qui a déploré la place qu’occupe l’Afrique en matière d’industrialisation. Avec 17% de la population mondiale, le continent africain dispose seulement de 3% de la richesse, une situation absurde qu’il faut absolument revoir, a indiqué l’expert onusien. Pour sortir de cette ornière, l’industrialisation est le moyen adéquat car en boostant l’industrie à 10%, on diminue la pauvreté de 70%, a précisé M. Christophe. L’industrialisation de l’Afrique est possible, il suffit juste d’avoir un leadership, pouvoir accéder à la terre, à l’énergie, créer des pôles agroindustriels, diminuer les barrières et améliorer la gouvernance, a martelé M. Christophe.

Famille

A titre illustratif, le Représentant de l’ONUDI pour l’Afrique de l’Ouest a cité les cas de l’Ethiopie et du Sénégal qui ont pu lever respectivement 2 milliards de dollars et 1 milliard pour investir dans le secteur industriel.   Dans cette dynamique, le secteur privé occupe une place prépondérante surtout avec les PME qui constituent un maillon important de l’industrie africaine.

Pour Mme Venicia Guinot, fondatrice et Directrice Générale de l’entreprise ‘’Tropics Business Group of Companies, une société congolaise basée en Afrique du Sud, pour industrialiser l’Afrique, il faut miser sur le potentiel du continent, qui dispose des matières premières qui doivent être transformées localement afin de tirer le maximum de profit.

A l’issue du panel de haut niveau sur l’industrialisation inclusive et durable comme moteur de la résilience, de la création d’emploi et de la stabilité au Sahel, les intervenants sont unanimes, qu’il ne peut y avoir de développement sans industrialisation car cette dernière accroit le bien-être des populations et rend l’indice de développement humain plus fort. Et aucune industrialisation n’est possible sans un ancrage local.

Ibrahim Moussa

Dernière modification le mardi, 22 novembre 2022 18:27

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